samedi 26 juillet 2008

Blanquilla-Margarita : la derniere ligne droite !

Nous devons partir a grand regret de Blanquilla, nos amis devant decoller le 28 juillet de Margarita.
C'est une nav. de nuit bien sur avec ses 80 miles. En outre, elle est delicate car encombree de pecheurs qu’il faut eviter (a cause de leurs filets), et certains de ces pecheurs peuvent egalement ne pas en etre ! C'est egalement une zone de passage des cargos.


Nous avons hesite a partir hier soir (25 juillet), tous les criteres etant reunis pour une navigation penible : vent de Sud-Est alors que Margarita est au Sud-Est de Blanquilla, donc vent "dans le nez", vent qui a forci dans la journee, donc houle de face...

Et puis vers 18h, le vent faiblit et semble passer plus au Nord-Est, et les moutons ont bien diminue sur la houle au loin.

Le cap'tain, toujours raisonnable, va faire un reperage en dinghy hors de la baie pour evaluer l'etat de la mer et revient en donnant le feu vert : nous partirons vers 21h.

Diner rapide puis depart de nuit du mouillage. Pas facile dans la nuit noire (la lune ne doit se lever que vers 23h30, et elle est bien utile) et avec un projecteur de pont casse ! Mais tout se passe sans encombre !

Les premieres heures sont un peu difficiles. Des que nous sortons de la "protection" de l'ile, la houle se leve, croisee dans tous les sens en plus. Bon, tant pis, la nav. sera rude... C'est la derniere nav. de nuit que nous faisons face au vent... Les deux autres se sont plutot bien passees.
Ca tape sur le Chat Beaute.

Ceux qui ne sont pas de quart essaient de dormir. Les enfants se reveillent brusquement, une enorme vague vient de se deverser dans leur cabine et dans le carre. Il faut eponger...

Une fois de plus, cela confirme que la fermeture totale des hublots est indispensable, meme s'il fait tres chaud a l'interieur du bateau.
Nous croisons quelques cargos dont les feux de navigation n'indiquent pas toujours leur direction. Nous les appelons a la VHF, sans succes…
Puis c'est au tour des bateaux de pecheurs, nombreux dans la zone ouest de Margarita, de se manifester. Bref, ce genre de navigation de nuit requiert pas mal d'attention...

Puis, vers 3h du matin, la houle se calme... Changement de quart. Le bateau ne tape presque plus et glisse plus facilement sur les vagues.

Nous atteignons la pointe nord de Margarita vers 8h30 du matin.

Il nous reste environ 4h pour faire le tour de l'ile et rejoindre le mouillage de Porlamar. Arrivee vers 13h, apres 16h a la barre, notre derniere longue navigation de nuit.

Moment emouvant pour l'equipage du Chat Beaute. Ce retour a Margarita est en quelque sorte notre destination finale. Il nous reste quelques semaines avant le retour, durant lesquelles nous aurons pas mal de « taches » a coordonner concernant le bateau, sa sortie de l’eau, sa remontee a Saint-Martin et s'occuper de sa vente ou de sa location.

Nous prevoyons, si tout s’organise bien et donc si nous avons assez de temps, de faire une derniere navigation aux Testigos…

Suite et fin du periple du Chat Beaute a venir…

Blanquilla – Expedition a Americano Bay

Le lendemain matin, expedition a Americano Bay, dont les guardacostas nous ont raconte l’histoire.
La baie est surplombee par une maison en ruine : un americain l’a construite il y a une vingtaine d’annees, sans demander la permission ! Passe encore… Mais quand il a hisse un enorme drapeau americain sur sa maison, les venezueliens ont pris cela comme une insulte et une incitation a la violence. Il a donc ete chasse de la Blanquilla (certains disent meme qu’il a ete assassine…).
En tous cas, il avait bon gout cet homme : le site qu’il a choisi est probablement le plus beau de l’ile.

Certains y vont a pied, evitant au maximum les cactus sauteurs dont nous avons experimente les piqures a notre derniere visite.
L’ile a beaucoup verdi en trois mois, et des senteurs nouvelles sont apparues, comme le chevrefeuille.
Les etangs de sel ont ete recouverts d’eau de pluie. Nous rencontrons les seuls habitants de l’ile : les anes !
La baie est magnifique avec ses falaises abruptes et ses couleurs degradees entre vert et turquoise.

Le reste de la troupe nous rejoint en dinghy et tous ensemble, nous profitons de cette plage deserte… Le snorkeling ici y est magnifique.

Blanquilla – snorkeling et chasse sous-marine

Le snorkeling est magnifique au mouillage que nous avons choisi a la Blanquilla. Presque au pied du bateau, nous admirons des poissons perroquets, des poissons anges… Des bancs enormes de calamars defilent sous nos yeux !

La chasse au harpon s’impose… Apres une demi-heure, trois calamars sont peches, les cuisinieres se mettent au travail.



Frits, c’est un delice… et cette peche tombe plutot bien, nos stocks de victuailles s'amenuisent apres presque deux semaines en autonomie a huit a bord !




Et puis cette peche sous-marine apporte le bonheur des enfants : avec l’aide de notre invite, ils pechent leur premiere langouste ! Quelle fierte…


Retrouvailles avec la sauvage Blanquilla pleine de charme…

22 juillet 17h : nouvelle tentative de depart vers la Blanquilla. Le vent a ete faible toute la journee donc la houle devrait etre plus moderee.

Les premieres heures sont assez agitees mais le bateau progresse a une allure raisonnable malgre 15 nœuds de vent « dans le nez ». Nous decidons de poursuivre. Le coucher du soleil avec ses halos de couleurs degradees est magnifique…

Un banc de petits dauphins nous accompagne quelque temps.

Diner/taboule puis film pour les enfants (malgre le bateau qui tape pas mal) avant d’aller se coucher. Les quarts se mettent en place. Puis c’est au tour de la lune de se lever pour eclairer notre route.

Vers 23h, le vent tombe, la houle se calme nettement, et la navigation devient vraiment plus agreable.

Etienne et notre invitee feront la tranche la plus longue, jusqu'à 4h du matin. C’est la route des cargos jusqu'à Caracas, et ils sont nombreux dans cette zone. Nous devons etre prudents et le cap’tain aura a faire de savantes manœuvres (dont un contournement, presque un demi-tour !) pour les eviter.

Lever du soleil a 5h30, et mouillage a la Blanquilla a 8h30 du matin, avec pour point de repere les deux seuls palmiers qui tronent devant la plage !

15h30 pour cette tranche de retour face au vent et la houle, nous sommes chanceux (ou plutot bien organises !)

A premiere vue, quelque chose a change a la Blanquilla depuis notre venue debut avril… Ce sont les couleurs. La saison des pluies a en effet commence et la vegetation, qui etait assez aride, est devenue plus verte, les arbustes sont plus fournis.

A peine ancres, les guardacostas montent a bord pour proceder a « l’inspection » du bateau et voir si nous sommes en regle. Coca, biere, jus d’orange, cigarettes… ils s’installent ! Nous sommes habitues depuis notre derniere visite a la Blanquilla…a une difference pres : ils sont armes !

Tortuga - Playa Delgada : Retour du beau temps et activites variees au paradis !


- A Playa Delgada, nous retrouvons ‘Balindo’, un bateau rencontre a Herradura. Il emmene une partie du Chat Beaute faire une sortie « peche au gros » sur son annexe de choc, equipee de 2 moteurs de 225 chevaux…
Les enfants sont ravis, le bateau file a 38 nœuds, ils voient pletore de dauphins mais n’ont peche que deux poissons.


Playa Delgada possede l’unique posada de l’ile, magnifiquement decoree (elle est decrite dans un precedent article). C’est la surprise pour Etienne puisque Claudie, aidee de la complicite de tous, reserve une chambre a l’insu du cap’tain. Notre premiere nuit sur la terre apres plus de neuf mois dans notre cabine cosy !
Les enfants prennent pour pretexte une chasse au tresor qu’ils ont organise pour les debarquer tous les deux a 20h sur la plage. La posada est rustique mais tres charmante, l’eau coule en filet tout mince.
Finalement, l’eau est plus abondante sur le Chat Beaute ! Et puis, c’est aussi la premiere fois que le cap’tain « abandonne » le bateau au mouillage a un « tiers ». Mais notre invite est de toute confiance !
Dormir dans un vrai grand lit, sans bouger, c’est une sensation etonnante que nous avions oubliee a laquelle pourtant il faudra se rehabituer !

Et puis, a Playa Delgada, il y a les retrouvailles prevues avec ‘Chrysalide’, un batocopain rencontre a Saint-Martin en novembre dernier et avec lequel nous avions passe de bons moments. Nous sommes restes en contact par email. Ils nous ont annonce leur venue au Venez. et nous avons profite de cette opportunite pour leur passer une commande de petit materiel pour le bateau.
Nous sommes convenus (par email au depart des Roques) de nous retrouver a Tortuga vers le 16-18 juillet mais n’avons ici ni telephone, ni reseau donc le RV n’est pas simple. Finalement, un bateau que nous ne connaissons pas nous appelle a la VHF pour nous transmettre un message de la part de ‘Chrysalide’. Ils arriveront dimanche a notre mouillage de Playa Delgada !

Effectivement, ‘Chrysalide’ nous appelle a la VHF, ils arrivent dans 3h… accompagnes de cinq autres bateaux francais ! La navigation de Margarita a Tortuga est sensible dans cette zone truffee de pecheurs, dont certains peuvent etre des pirates.
Nous sommes maintenant une dizaine de bateaux francais au mouillage, c’est la premiere fois que l’on rencontre un tel « rassemblement » de nos compatriotes ! En plus de ‘Chrysalide’ que nous retrouvons avec plaisir, il y a notamment ‘Yassa’ avec deux enfants de l’age des notres, ‘Milo One’, ancien compagnon de voyage de ‘Grenouille’ et de ‘Lena 2’… Les enfants se regalent, jouent ensemble, pechent, font du kayak…

Quelques uns des voiliers sous pavillon francais au mouillage de Playa Delgada, dont ‘Chrysalide’ a droite et ‘Yassa’ au centre

Les apero/cafes se multiplient pour cette derniere journee a Tortuga. Nous sommes en effet le 21 juillet et nous devons lever l’ancre ce soir direction la Blanquilla.
Un dernier point meteo (une onde tropicale est prevue dans 72h environ)… preparation du bateau… et en route vers cette derniere ile deserte a 65 miles de Tortuga, soit 15-20h selon les vents que nous choisissons de faire de nuit.

Depart a 22h, mais apres 30mn, voyant que la houle est de plus en plus forte, et notre vitesse diminuant pour nous fixer une heure d’arrivee vers 18h30 le lendemain, nous decidons de faire demi-tour et de reancrer a Playa Delgada vers 23h30.
Bonne nuit pour tour le monde, on remet le depart pour le lendemain.
Au reveil, la horde des bateaux francais au mouillage nous accueille avec tous le meme commentaire : « on etait sur de vous voir revenir avec la houle et le vent qui sevissaient ici ! ». Mais bon, on a tente…

Tortuga : Herradura et Palanquinos - Ondes tropicales successives

- A Herradura, mouillage de notre arrivee, l’onde tropicale annoncee aux Roques approche, le ciel s’assombrit tres vite, il pleut, nous preparons le bateau pour cette heure de mini-tempete… Les moteurs sont en marche, prêts a jouer leur role de soutien…
Cela ne servira a rien, tout se calme assez vite, en fait nous ne verrons passer que la queue de la depression. De toutes facons, nous sommes tous a bord cette fois, donc pas de panique !


- Aux Palanquinos, recif de corail, nous arrivons en fin d’apres-midi sous un magnifique soleil. C’est un lieu de snorkeling magnifique.

Il y a petole et nous ancrons tout pres de la barriere de corail… A 5h du matin, une pluie dense commence a tomber. Tout le monde se reveille pour fermer les hublots et se recouche.

A 6h, Claudie entend de droles de bruits en plus de la pluie et reveille le cap’tain… Le bateau a completement tourne autour de la chaine et s’est rapproche dangereusement des coraux. Les safrans touchent le fond.
Il faut reancrer sous des trombes d'eau et surtout verifier s’il y a pas de degats. Les hommes plongent et nous rassurent. A part de petites marques, ils sont operationnels.

Meme paysage, mais sous l’orage…

Matinee a bord, jeux et films pour tout le monde. Nous attendions une deuxieme onde tropicale, elle est donc passee !

En milieu d’apres-midi, nous decidons de partir plus en securite au mouillage principal de Tortuga : Playa Delgada.

Tortuga – Retour au paradis…

Nous restons une petite semaine a Tortuga, le temps « d’ecumer » les differents mouillages de cette ile magique : Herradura, Palanquinos, Playa Delgada…
Il y a un eclairage particulier a Tortuga : le violet domine… dans l’eau, sur la plage, dans le ciel… Meme le ventre des oiseaux en vol se colore de mauve !

Les activites varient entre farniente, baignades, snorkeling, sports nautiques, lecture, jeux, peche, films...
Nous essayons de prendre soin de nos invites qui ont besoin de repos, ce sont leurs vacances d’ete !

Les articles suivants decrivent succintement les points forts de cette semaine a Tortuga.

Los Roques-Tortuga : une nav. idyllique grace aux savants calculs du cap’tain !

La meteo annonce une onde tropicale assez violente le 15 juillet. Nous decidons donc de partir a Tortuga plus tot que prevu, le 13 juillet au matin, pour arriver avant qu’elle ne sevisse. Elle passera par les Roques, c’est certain, mais evitera peut-etre Tortuga.

Nous la redoutons un peu cette navigation : longue (plus de 100 miles, soit une trentaine d’heures) et face au vent.

Depart a 9h30 le matin apres avoir prepare les repas d’avance.
Mais la chance est avec nous : pratiquement pas de houle, un vent leger, mais surtout il est oriente Est/Nord-Est, ce qui est rare pour la saison, mais interessant pour nous puisque nous allons au Sud-Est. Nous sortons donc les 2 voiles… Apres 2 h de nav. le vent baisse… nous en profitons donc pour « remonter » a l’Est au moteur, ce qui nous permettra, selon le pari du cap’tain, de faire du « travers » une fois le vent re-leve au Sud-Est et ainsi gagner beaucoup de temps sur notre duree de navigation. Pari gagne… Quelques heures plus tard, la brise repart, et le bateau commence a filer au pres (l’allure la plus difficile pour un catamaran).
Nous laissons les voiles tout l’apres-midi, la navigation est tres agreable. Et pour couronner cet enchantement, une baleine (ou un globicephale ?) pointe son dos a 50m du Chat Beaute ! Un peu plus tard, c’est un banc de dauphins qui nous accompagne en jouant devant les etraves du bateau !

Diner tres tot, et vers 20h, nos amis vont se coucher pendant qu’Etienne et Claudie prennent le premier quart jusqu'à 1h du matin, en alternant chacun son tour un petit repos. Les quatre enfants regardent un film puis vont se coucher.

La nuit est claire, la lune est aux trois-quarts pleine, le bateau glisse a 6-7 noeuds… un peu trop vite puisque le GPS nous annonce en effet une arrivee a 4h30 du matin ! C’est impossible d’approcher le mouillage d’Herradura a Tortuga dans la nuit. Il faut ralentir le bateau, quel dommage ! Il etait parfaitement regle et stabilise…

Un peu de mou dans le genois, une legere modification de notre cap et le bateau ralentit pour atteindre une vitesse de 4-5 nœuds, ce qui repousse l’heure d’arrivee a 6h30. Les cayes a l’entree de la baie seront bien visibles.
A minuit, le premier ris craque (pourquoi ? il etait neuf…). Pas de panique, Claudie tient le bateau face au vent pendant qu’Etienne monte en pied de mat (attache avec le harnais, securite oblige !) pour prendre le deuxieme ris.
Peu avant 1h du matin, le vent tombe a 6 nœuds, nous mettons les moteurs au ralenti, juste en soutien des voiles. Le bateau continue a filer calmement.

A 1h du matin, changement d’equipage de quart. Notre ami prend le relai, accompagne des deux moussaillons de choc, Lucas et son copain, ayant demande a participer a la nav de nuit. Passation rapide des consignes (le vent est remonte un peu) et il est temps pour Etienne et Claudie d’aller se reposer. Notre ami est rejoint par sa femme en fin de nuit.
A notre reveil a 6h du matin, nous trouvons Lucas endormi dans le carre, tellement fatigue apres son quart de nuit qu’il n’a meme pas enleve son gilet de sauvetage !

Nous ancrons a Tortuga-Herradura a 7h du matin, apres 21h30 d’une navigation de reve dans des conditions inesperees !

Nous retrouvons le mouillage d’Herradura avec un immense plaisir. Le temps n’est pas ideal (il fait tout gris et il pleut, pas grave, ca rince le bateau !) mais ce n’est finalement pas plus mal de passer une premiere journee calme a bord (les activites ne manquent pas !).
Les adultes font des siestes a tour de role dans la journee.

samedi 12 juillet 2008

Notre programme pour les 15 prochains jours

Nous venons de deposer notre visiteuse a Gran Roque et de recuperer nos quatre invites des deux prochaines semaines.
Ensemble, nous quitterons les Roques que nous avons particulierement apprecies et continuerons notre route de retour : Tortuga, Blanquilla et Margarita.

Voila donc notre programme, en image...
Les alizees bien etablis venant de l'est, nous avons choisi cette route pour eviter au maximum les navigations face au vent si desagreables.
Selon les vents, nous prevoyons une trentaine d'heures pour atteindre Tortuga, une vingtaine d'heures ensuite pour aller a la Blanquilla et idem pour rejoindre Margarita.

Depart prevu demain matin pour Tortuga, la fenetre meteo semble favorable. Les iles de Tortuga et la Blanquilla que nous avons adorees presentent la particularite d'etre desertes. Ce qui signifie que pendant 15 jours, nous allons vivre en totale autonomie, a huit a bord. L'avitaillement (enorme) et les lessives sont faits, les pleins d'eau et de diesel egalement.

Cela signifie aussi que nous n'aurons acces a aucun moyen de communication, pas de reseau telephonique ni internet. Nous ne pourrons donc pas communiquer avec vous. Ce sera "silence" radio" jusqu'a notre arrivee a Margarita que nous atteindrons vers le 25-26 juillet.

A bientot donc !

vendredi 11 juillet 2008

Notre premiere onde tropicale : une sacree frayeur !

Nous sommes au mouillage a Madrizqui en face de Gran Roque. Il fait chaud, tres chaud... Le vent est modere, 15 noeuds environ, ce qui est classique pour la saison. Les enfants sont partis en matelas a la plage...
Tout d'un coup, le ciel s'assombrit, Il commence a pleuvoir. Un grain, pensons-nous, comme nous en avons l'habitude depuis que la saison cyclonique a commence.

Mais la pluie tombe de plus en plus fort. Puis c'est au tour du vent de se lever, vite et fort... 25 noeuds, puis 35, 40 noeuds... La chaine de l'ancre tire, le bateau commence a deraper. On met les moteurs pour soutenir la chaine.
Mais cela n'est pas tres important compare au fait que les enfants sont seuls sur la plage. On les distingue a peine. Ils se refugient sous un parasol pourant solidement ancre mais qui menace de s'envoler. Puis on les apercoit qui retournent dans la mer.

Nous sommes a la barre en train de controler la tenue du bateau. La pluie nous pique tellement qu'il est impossible de fixer le regard sur un point au loin.

La houle est forte, le vent, passe a 45 noeuds, est devenu d'une violence inouie.
Impossible d'aller chercher les enfants. Soudain, on ne les voit plus, on imagine qu'ils sont partis se refugier dans la seule maison de la plage. Nous sommes vaiment inquiets pour eux. Claudie a du mal a contenir son angoisse...

Cela fait maintenant 45 minutes que la tempete sevit.
Puis, une legere acalmie s'amorce, le temps pour Etienne de sauter dans le dinghy pour partir a leur rencontre, face au vent. Pendant ce temps, Claudie est a la barre et se debat avec les moteurs, la pluie diluvienne en pleine figure, pour soutenir la chaine, et controler la situation car le bateau devant nous derape aussi.
Etienne revient avec les enfants en dinghy. L'accostage sur le bateau est sportif.

Mais nous sommes tous reunis a bord. C'est l'essentiel. Le vent se calme petit a petit... pour revenir a 20 noeuds. Cette onde tropicale a dure en tout et pour tout 1h... Mais quelle heure !

Les enfants calmes, rechauffes avec un chocolat chaud, nous racontent leur frayeur... et la facon incroyable dont ils ont reagi sur la plage :
L'enorme parasol ancre dans le sable sous lequel ils se sont refugies menace de tomber. Ils ont froid et decident de se mettre dans l'eau pour se rechauffer. Puis le tonnerre grondant, ils se sont rappeles qu'il ne fallait jamais rester dans l'eau en cas de foudre car l'eau salee est conductrice. Ils sont donc sortis de la mer mais la pluie les fouettait et les piquait tellement fort qu'ils ont decide de se refugier sur la terrasse de la seule maison de l'ile. Une dame les a recueillis et les a seches. Puis ils ont vu Etienne partir du Chat Beaute en dinghy. Lucas a dit "super, papa arrive" et Julie a repondu "mais il est fou, il ne va pas pouvoir avancer vu l'etat de la mer !"
Leur sang froid a ete incroyable, bravo les p'tits loups !

Une onde tropicale est par definition un phenomene de courte duree, mais tres violent et assez imprevisible. Nous sommes en saison cyclonique (le cyclone, Bertha, est en train de sevir dans l'Atlantique et nous avons suivi de pres son evolution). Mais nous sommes au sud de Grenade, donc en zone non cyclonique en theorie. En revanche, les ondes tropicales risquent d'etre frequentes dans la region.
Au mouillage, il faut mettre ses moteurs en marche pour soutenir l'ancre.
En navigation, la mesure de prudence est d'affaler les voiles, se mettre en vent arriere... et attendre que l'onde passe !

Le calme apres la tempete... Le ciel s'eclaircit, et la VHF commence a crepiter. Les bateaux s'appellent pour savoir si tout va bien ou si quelqu'un a besoin de secours. 'Zino', un bateaucopain mouille a quelques miles de nous dans une autre baie, est parti secourir un bateau qui a derape (ses moteurs ne demarraient pas) et l'a tracte jusqu'a une bouee pour s'amarrer solidement en cas de recidive.

Malgre la fin de l'onde, on sent encore une lourdeur dans l'atmosphere... qui ne s'attenuera qu'en fin de journee.

mercredi 9 juillet 2008

Un œil exterieur sur le « Chat Beaute »…

Notre visiteuse actuelle s’est pretee au jeu des questions-reponses sur son sejour a bord…

Dans quel etat as-tu trouve l’equipage du « Chat Beaute » apres 9 mois en mer et dans les iles ?
Encore civilises, car je pensais retrouver des australopitheques ! Ils sont beaux, bronzes, mincis, souriants, epanouis et zen !

Et le plus important, je les trouve unis et soudes, plus que jamais.
Etienne tres secure et attentif, a l’aise a la barre et bichonnant son canot qu’il adore.
Claudie, tres conviviale, tres gaie, entreprenante, de temps en temps « petant un cable » et tres a l’aise en nav et... dans sa cuisine ! Avec rien, elle nous concocte de sacres p’tits plats !


Comment vit-on a bord ?
Le plus simplement du monde, sans oublier de « faire peter » une page culture a l’apero quotidien ! Je suis recue comme une reine, ils font tous attention a ce que je me sente bien en ayant parfaitement conscience que leurs invites arrivent fatigues de leur vie quotidienne et veulent profiter de leurs « cong-paye et ARTT » ! Alors, on alterne navigations et detente a un rythme agreable.

Un mot sur les enfants ?
Leurs parents les font bosser comme des anes sur le bateau : ils winchent, ils cleanent, ils preparent les nav, ils font la vaisselle… et tout ca sans jamais rechigner !
Ils sont entreprenants et creatifs, inventent des jeux a bord ou dans l’eau, avec ou sans kayak, avec ou sans dinghy.
Donc, ils se sont developpes physiquement, surtout Lucas, un vrai p’tit mec maintenant. Ses biscotos ont double !
Quant a Julie, une vraie teen-ager, bien dans sa peau, bientôt aussi grande que Claudie. Elle ne s’ennuie jamais.
On sent vraiment qu’ils ont muri tous les deux cette annee.



Les sens-tu prêt pour le retour sur terre ferme ?
Ils en parlent mais on sent que tout ca n’est pas encore realite… Le paradoxe classique en fait, contents de rentrer mais parlant en meme temps de tenter une nouvelle aventure dans quelque temps… Des Moitessier dans l’ame ? (ndlr : Bernard Moitessier a fait un tour du monde a la voile en solitaire et, arrive a destination, n’est pas descendu de son bateau et a « rempile » pour un deuxieme tour du monde !).
Alors sait-on jamais…

Los Roques – Crasqui et les pecheurs

A Crasqui, les seuls habitants sont des pecheurs qui tiennent un petit « restaurant » heberge dans une cabane et decore avec beaucoup de gout.

Comme souvent dans les iles venezueliennes, la chapelle magnifiquement entretenue temoigne de la tradition catholique solidement ancree. A Crasqui, la taille en est impressionnante.

En allant voir s’il etait possible d’y dejeuner, nous tombons sur leurs barques qui reviennent de la peche. Les pecheurs s’affairent a depecer leurs prises. Parmi elles, une enorme murene d’environ 1,50m de long et… un requin tigre ! Ils nous rassurent, ils ne l’ont pas peche ici mais a quelques miles a l’est, pres des Conquises, une ile ou il est interdit de mouiller. La tete est decoupee (elle servira d’appat !) et le reste du corps sera transforme en de magnifiques filets !


Los Roques - Sarqui-Espanqui, ou la ferme volonte d’aller d’explorer la « pool »

Depuis 10 jours, nous naviguons a travers les Roques pour faire decouvrir a notre visiteuse les merveilles de cet archipel. Nous changeons d’ile et de mouillage presque tous les jours, nageons, snorkelons et prenons l’apero avec des bateaux que nous retrouvons regulierement… !

Parmi ces iles, il y en a une que nous decouvrons ensemble : Sarqui-Espanqui. Sa « pool », sorte de piscine interieure, est assez reputee pour ses couleurs de reve et ses fonds tres riches. Seulement, pour y acceder, les guides ne sont pas d’accord. Selon le GPS, on peut ancrer a l’interieur de la « pool ». Mais d’apres le guide Doyle, la bible des mouillages du Venezuela, il vaut mieux ancrer a cote, et y aller en dinghy car les fonds sont tres peu profonds et il y a des risques de « toucher » avec les quilles…

Qu’a cela ne tienne, le cap’tain aime les challenges ! On va ancrer « dans » la pool, ou du moins, on va essayer. Effectivement, en arrivant devant Espanqui, il y a 2 bateaux au mouillage a cote de la « pool », signe que la difficulte est bien presente. Alors, nous commencons a slalomer entre les patates de corail – question d’habitude aux Roques – et surtout nous sommes rives au profondimetre qui s’affole au fur et a mesure de notre avancee… Moins de 6 pieds, ca commence a etre limite, puis les fonds remontent legerement…
Bon, nous allons nous arreter la, nous sommes dans la « pool », l’objectif est atteint… Nous pourrions essayer d’avancer encore un peu plus pres de la plage, mais nous n’allons pas tenter le diable !
Nous sommes seuls, et les fonds sont magnifiques !

Et voila la fameuse "pool" !

Palmes, masque et tuba pour tout le monde, on y va… Les poissons sont enormes, les perroquets d’un bleu profond se refletent a la surface. Nous sommes dans un aquarium geant ! Ca valait le coup…

Malheureusement, le mouillage est assez rouleur et n’est pas repertorie comme un mouillage de nuit. Il est 16h et il nous faut poursuivre notre navigation jusqu'à Crasqui pour aller nous refugier dans la baie et ancrer avant la nuit.

jeudi 3 juillet 2008

Los Roques - Boca del Medio

Nous accueillons notre visiteuse a l’aeroport de Gran Roque, aux horaires venezueliens… c’est-a-dire avec ½ journee de retard !

Du bateau, on voit son petit avion se poser !

Amarrinage a Francisqui et Madrizqui, tout pres de Gran Roque, dans des lagons turquoises… Baignade, sports nautiques…

Puis depart vers Boca del Medio, le seul endroit des Roques que nous n’avons pas encore explore a l’est de l’archipel.



La navigation se fait entre des iles et une passe eaux transparentes degradees, au milieu desquelles il faut zigzaguer.

Les cayes sont a fleur d’eau, creant des nuances de bleu et de vert que nous n’avions encore jamais vues. Nous sommes sous le choc de cette beaute, et sommes heureux de constater que nous ne sommes pas encore blases !


Par precaution, nous rentrons le genois pour que le bateau soit plus maniable. C’est une zone de navigation assez delicate d’apres les guides qui recommandent la plus grande prudence. Le nombre d’epaves de cargos echoues le long de la barriere de corail en atteste !

Le cap’tain est concentre, le reste de l’equipage est installe a l’avant du bateau et annonce la couleur !

‘Theleme’ et ‘Zino’, bateaux que nous avons rencontres a divers mouillages des Roques, sont arrives la veille et nous guident dans notre parcours du combattant.

La zone de mouillage est etonnante. D’habitude, nous ancrons devant une ile pour etre protege du vent et de la houle. A Boca del Medio, pour la premiere fois, nous ancrons devant… la mer ! Le recif coralien sert en effet de barriere de protection, et ce mouillage est repertorie comme « safe » donc pas de probleme. La zone est en effet calme, bien abritee, et derriere le recif, les brisants s’ecrasent violemment.

A notre arrivee, ‘Zino’ appelle a la VHF pour nous dire qu’un requin s’est installe sous son bateau et s’offre un diner de calamars interminable !
Catastrophe, les enfants ont entendu et ne veulent pas se baigner…
‘Theleme’ et le ‘Chat Beaute’ cote a cote au mouillage face a la mer !

Notre mouillage se fait par 15m de fond (ce qui est profond), et nous sommes obliges de derouler toute la chaine. Le vent se leve en fin de journee, pour forcir pendant la nuit. Nous sommes vigilants sur les risques de derapage.
Autour de nous, l’endroit est feerique… Les cayes a fleur d’eau et les tombants tout autour doivent offrir des moments de snorkeling fabuleux.

Malgre notre inquietude du requin qui traine dans le coin, nous partons explorer cette zone en snorkeling. Nous n’avons jamais vu autant de gros poissons colores, ni de patates de corail aussi enormes… Ca valait le coup de surmonter son apprehension !

Apres etre remontes sur le bateau, Lucas remarque de droles de poissons qui mangent les algues de notre patte d’oie autour de la chaine. Ce sont en fait des poulpes… ce qui signifie que le repas du requin est la ! Il etait temps de remonter sur le bateau !

Ce site, bien qu’assez extraordinaire, nous oppresse un peu… C’est un peu angoissant un mouillage face a la mer… On se sent si vulnerable… D’autant plus que nous suivons de pres l'evolution de Bertha, la tempete tropicale (cyclone ?) qui a commence son chemin a travers l’Atlantique. Meme s’il y a peu de chance qu’elle arrive au Venezuela, elle se terminera aux Antilles et nous en subirons de toutes facons les consequences.


Decision est prise de rentrer a Madrizqui pour la nuit et de lever l’ancre le lendemain matin pour Cayo de Agua, toutes voiles dehors ! Nous serons alors a l’extremite sud ouest de l’archipel des Roques et remonterons vers Gran Roque par etapes successives, en s’arretant a des mouillages que nous affectionnons tout particulierement.