4h du matin ce 2 juin. La co-captain met son reveil pour verifier si l’etat du vent et de la mer permettent un depart vers los Roques. Le vent est a 8-10 nœuds dans la baie, avec des pointes a 12 nœuds. Ce sera plus dur dehors, mais c’est jouable. Depart a 5h30 donc. Il y 30 miles, et nous prevoyons, au pire, de faire du 2-3 noeuds face au vent.En dehors de la baie, le vent est beaucoup plus fort et la houle est mauvaise. Environ 3m, mais en plus, elle est croisee, et irreguliere. Vagues longues, puis courtes et hachees, venant se fracasser sur les coques de toutes parts. Ce ne sera pas facile mais nous tentons le coup. Nous progressons tres lentement avec 20-25 nœuds de vent « dans l’nez »…
Le bateau tape fort, tres fort en franchissant les vagues. On est mal a bord, tres mal, secoues dans tous les sens. Impossible d’aller a l’interieur… Nous pensons a renoncer, mais nous avons deja fait plus de 5 miles. Et puis, aux Aves, pas de liaison de communication, donc impossible d’avoir la meteo. Combien de temps faudrait-il attendre avant que la mer se clame ? Nos stocks de nourriture sont quasiment epuises. Donc, decision est prise de continuer.La tension monte a bord, tout le monde est mal. Pour la premiere fois, les enfants demandent un medicament contre le mal de mer. Effet immediat pour Julie, elle s’endort dans le cockpit, ballotee dans tous les sens. Peu d’effet sur Lucas. Il se sent mieux, mais impossible de dormir…
Le cap’tain est rive a la barre, anticipant les enormes vagues qui emergent parfois de la tres forte houle. Le GPS devient le point de mire… Notre heure d’arrivee est estimee entre 17 et 18h, il fera encore un peu jour pour ancrer a Cayo de Agua, le point de mouillage le plus a l’ouest des Roques. Il fait des calculs en permanence, evalue notre moyenne et surtout, est inquiet pour les moteurs sur lesquels nous tirons tres fort. Impossible de les reduire, sinon nous n’avancons plus. Que se passerait-il si les moteurs lachaient ?
La co-captain compte les heures, les minutes, regarde le GPS en permanence pour verifier la progression…
Le taboule prepare la veille restera au frigo, personne n’a faim…
Apres 20 miles, il semble que la houle se reduise un peu, notre moyenne de 2,5 nœuds monte a 2,8 !
5 miles plus tard, nous apercevons Cayo de Agua. Encore 2h, alors que nous la voyons si proche… Ca n’en finit pas…

Arrivee a 17h dans des hauts fonds une fois de plus, il faut zigzaguer… Le profondimetre s’affole et annonce 2,5m a certains endroits. Il y a 3 bateaux au mouillage, donc ce devrait etre jouable.
La co-captain deroule l’ancre avec le guindeau. Avec 30m de chaine, on devrait etre solidement ancres par ce vent. Mais, horreur, le guindeau ne s’arrete plus, il continue de derouler de la chaine… Il est entrain de lacher !
On le bloque avec le taquet manuel. Etienne plonge pour verifier si l’ancre est bien accrochee… Oui, ca tiendra pour cette nuit. Le probleme, c’est que, si le guindeau « en a pris un coup », il va falloir remonter l’ancre a la main… On verra ca demain.
Nous sommes tous epuises. Nous ne finirons meme pas le taboule ! Etienne va se coucher a 18h30, Claudie a 20h30 ! Le seul bilan que nous tirons est : "Plus jamais ca !"
Nous sommes tous epuises. Nous ne finirons meme pas le taboule ! Etienne va se coucher a 18h30, Claudie a 20h30 ! Le seul bilan que nous tirons est : "Plus jamais ca !"
Nous aurons d’autres nav a faire contre le vent sur le chemin de retour, et avec des distances beaucoup plus grandes. Nous serons, c’est certain, plus « raisonnables » et l’etat de la mer devra etre plus calme quand on levera l’ancre.
Lendemain matin, apres 12 ou 13h de sommeil recuperateur, nous sommes encore bien fatigues... La journee est calme a bord (lecture, film, jeux…).
Lendemain matin, apres 12 ou 13h de sommeil recuperateur, nous sommes encore bien fatigues... La journee est calme a bord (lecture, film, jeux…).
Des tortues nagent autour du bateau, mais personne n’a envie d’aller leur rendre visite.
Nous nous remettons lentement.
Etienne bricole et remet en fin de journee sa mission d’aller verifier le guindeau. Nous craignons le pire… Si le moteur a lache, comment s’en procurer un nouveau au milieu de nulle part ? Nous echaffaudons des plans… qui n’auront pas besoin d’etre mis en place. Vers 16h en effet, trousse a outils a la main, Le roi d'la bricole regle une fois de plus le probleme, il y avait juste une piece a revisser (je ne sais pas trop laquelle, mais ca marche !).
Malgre le faible stock de nourriture qu’il reste (salade de haricots en boite ET maïs en boite, dernier luxe !), nous decidons de reporter notre depart pour Gran Roque. Il reste 15-20 miles a faire, mais a l’interieur de l’archipel des Roques cette fois. La barriere de corail protegeant de la houle, la nav devrait etre plus calme.
Malgre le faible stock de nourriture qu’il reste (salade de haricots en boite ET maïs en boite, dernier luxe !), nous decidons de reporter notre depart pour Gran Roque. Il reste 15-20 miles a faire, mais a l’interieur de l’archipel des Roques cette fois. La barriere de corail protegeant de la houle, la nav devrait etre plus calme.
Donc nous profitons de cette derniere matinee a Cayo de Agua pour explorer l’ile… Nous sommes seuls au mouillage !Tout au bout, pres du phare, une bande etroite de terre separe la mer, turquoise des deux cotes, mais plus agitee bien sur sur la cote au vent.

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Nous irons meme en deux fois a Gran Roque, le mouillage de Cayo Remanso qu
e nous avions decouvert a l'aller nous attire un nouvelle fois, il est calme, bien protege et le snorkeling y est magnifique ! En cours de nav, nous pechons 2 barracudas, dont un capable de nous nourrir pendant plusieurs jours !Il etait temps de se nourrir sainement…

