samedi 28 juin 2008

"J’aime… Je n’aime pas"… sur le vif ! Fin

Sans etre un etalage de confessions intimes, cette liste des « J’aime… Je n’aime pas… » de chacun, pris sur le vif, donne une vague idee de nos etats d’ame quotidiens… Ils ne sont pas exhaustifs bien sur… Juste un petit clin d’œil !

ETIENNE

J’aime…
Prendre mon petit dejeuner face a la mer
Regarder la terre depuis la mer – ca change la perspective
Regarder les voiles et ecouter les bruits en navigation
Voir les dauphins jouer dans l’etrave du bateau
Naviguer, de jour ou de nuit par pleine lune
Sentir le bateau qui marche bien, quand il file a plus de 10 nœuds sur mer plate
Les bons petits plats de la co-captain
Voir les enfants jouer ensemble
Ma femme bronzee
Avoir le temps de prendre le temps
Jouer a l’Othello avec Claudie et les enfants
Les mouillages ou il n’y a que 2 ou 3 bateaux
Les nouvelles rencontres, si differentes et riches en lecons de vie
La solidarite et l’entraide qui existe en mer
Negocier avec les pecheurs
Bidouiller tous les gadgets electroniques du bord
Gwen et Vero, qui nous ont appris a naviguer sur notre cata
Le courage des gens qui partent pour un tour du monde
Les iles desertes et le luxe d’avoir une plage pour soi tout seul
Aller faire du snorkeling en famille
Aller chez le shipchandler (magasin d’accastillage) pour se faire plaisir
Regarder la « ligne d’ombre »
L’autonomie qu’acquierent les enfants
Faire pipi sur la jupe du bateau
Regarder les etoiles sur les trampolines
Avoir l’impression que le bateau est bien entretenu
Visiter les iles, rencontrer les gens

Je n’aime pas…
Les marinas
Les mouillages solitaires, ou bien bondes
Remonter au vent par houle de face
Les enfants qui se disputent
Avoir a faire le plein de diesel, bidon par bidon
Reparer le dessal, pour la nieme fois
Gratter la coque et laver le pont
Les castes qui existent parfois aussi en mer (ou plutot au mouillage)
Me faire entuber
Ne pas arriver a recevoir la meteo a bord par la BLU
Traverser les zones de peches, surtout de nuit, de peur d’attraper un filet
La mecanique

Les iles preferees…
Les Roques, la Blanquilla, la Dominique, Tortuga, les Testigos…

"J’aime… Je n’aime pas"… sur le vif ! Suite...

Sans etre un etalage de confessions intimes, cette liste des « J’aime… Je n’aime pas… » de chacun, pris sur le vif, donne une vague idee de nos etats d’ame quotidiens… Ils ne sont pas exhaustifs bien sur… Juste un petit clin d’œil !

CLAUDIE

J’aime…

La vie a bord d’un bateau
L’excitation a l’arrivee a un nouveau mouillage
Les nuits de pleine lune
Regarder les degrades de couleurs de la mer
Les iles sauvages
Le retour a des iles habitees (apres de longues periodes sauvages)
Me lever la premiere et profiter du lever du jour quand tout le monde dort
Regarder Etienne barrer
Jeter les ordures vegetales dans la mer et regarder les effets !
Les visites a bord
L’excitation du depart pour une nav de nuit
La solidarite entre bateaux
Les rencontres et les apero ou chacun « se raconte »
Quand on a navigue avec un soutien moteur car on a de l’eau chaude pour la douche
Regarder l’horizon en nav pour essayer de voir des dauphins, des baleines, d’autres bateaux…
Quand on capte un signal internet !
La solitude de temps en temps !
Manger chez les pecheurs et aller au resto
Le lever du jour a la fin d’une nav de nuit
M’offrir le luxe de lire de longues heures
La vie en famille

Je n’aime pas…
Les nav qui tapent
Faire la cuisine 2 fois par jour
Le stress des pirates et du mauvais temps
Les draps humides quand on se couche
Le manque d’independance
Etre derangee
Les mouillages avec plein de bateaux
Quand les enfants se melent de nos discussions !
Imaginer le retour…

Les iles preferees…
Tortuga, les Aves, les Roques, la Dominique, Grenade…

"J’aime… Je n’aime pas"… sur le vif ! Suite...

Sans etre un etalage de confessions intimes, cette liste des « J’aime… Je n’aime pas… » de chacun, pris sur le vif, donne une vague idee de nos etats d’ame quotidiens… Ils ne sont pas exhaustifs bien sur… Juste un petit clin d’œil !

LUCAS

J’aime…
La liberte d’aller ou on veut
Les sports nautiques
Les langues de sable
Les lagons
Les grands horizons
Le snorkeling (palmes, masque, tuba)
Les oursins
Bricoler avec papa sur le bateau
Conduire le dinghy
Barrer le bateau
Les rencontres quand on se separe pas trop vite
Le kayak a rame et a voile
Pecher des poissons, surtout les remonter
Les nav en vent arriere cool
Regarder des films pendant les nav
Les decouvertes des iles
Quand les amis ou la famille vient sur le bateau
Lire des gros livres
Le kayak a voile dans la mangrove

Je n’aime pas…
Les nav qui tapent
Me baigner avec des poissons trop gros pour moi
Les revisions du CNED
Les crabes
La solitude
Quand je m’ennuie car je n’ai pas de copains avec qui jouer (je joue alors avec ma sœur !)
Remonter le dinghy
Quand papa et maman se disputent !
Les mouillages ou il y a trop de monde

Les iles preferees…
Tortuga, la Dominique, la Blanquilla, les Roques, les Aves, les Testigos…

"J’aime… Je n’aime pas"… sur le vif !

Sans etre un etalage de confessions intimes, cette liste des « J’aime… Je n’aime pas… » de chacun, pris sur le vif, donne une vague idee de nos etats d’ame quotidiens… Ils ne sont pas exhaustifs bien sur… Juste un petit clin d’œil !

JULIE

J’aime…
Les sports nautiques, bouee et kneeboard
Le kayak a voile
Voir l’horizon au coucher du soleil
Regarder les etoiles la nuit
Suivre les cycles de la lune
La nuit quand on ne voit rien a l’horizon, meme pas les lumieres
Dormir sur la plage
Decouvrir les iles (desertes)
Les crabes qui cavalent sur les plages
Nager au milieu des bancs d’alevins
Sauter de l’avant du bateau
Les iles de sable
Les barbecue sur la plage
M'allonger sur la plage et regarder les nuages
Les mouillages profonds en eau claire ou on voit les fonds de coraux
Les visites sur le bateau
Les rencontres avec les batocopains
Conduire le dinghy
Les mangroves, surtout en kayak
Voir des dauphins
Les echanges de films et de livres avec les batocopains
Regarder un film le soir
Les raies meme si elles me font un peu peur

Je n’aime pas…
Les nav face au vent
Les revisions scolaires
Les mouillages rouleurs
Les baracudas
Manger du poisson
Les mouillages ou il n’y a pas de plage ni de vent
Les periodes de pluie
Avoir du sable dans mon maillot de bain
La houle
Quand j’ai termine un livre
Le snorkeling quand on ne voit pas le fond
Quand mon frere m’enerve
Quand on n’a pas d’autres enfants avec qui jouer

Les iles preferees…
Tobago Cays dans les Grenadines
Tortuga, les Testigos et les Roques, la Blanquilla, les Aves

jeudi 26 juin 2008

Los Roques : Sarqui, l’orage sevit… !

Une des dernieres grandes iles des Roques que nous n’avons pas encore exploree est Sarqui (et sa grande sœur Espenqui, reliee par un bac de sable).

Direction Sarqui donc, avec un nouveau batocopain, ‘Lares’, rencontre a Madrizqui. A son bord, Josselin, Stephanie et Oscar (3 ans), partis il y a 6 mois pour un tour du monde de 2-3 ans dans leur monocoque en acier.

Pour atteindre Sarqui, nous passons devant Crasqui, une ile deja exploree il y a une quinzaine de jours (voir article). Au mouillage, une vingtaine de yachts, probablement venus se refugier a l’annonce du gros temps qui arrive…
Heureusement que nous ne faisons que passer !

Arrivee a Sarqui dans l’apres-midi, mouillage calme, assez bien protege. Nous sommes 3 bateaux au mouillage. Nous jetons l’ancre et apres verification, il s’avere qu’elle est plantee un peu en biais, la pointe apparaît dans le sable. Mais le vent est faible, ca devrait tenir.

En fin d’apres-midi, le vent monte, assez fortement. Nous entendons un drole de bruit continu dans le bateau. La chaine tire tres fort. Etienne est dans l’eau, entrain de gratter la coque. Tout a coup, il se retrouve avec le dinghy (attache a l’arriere du bateau) sur la tete, entre les coques.

Diagnostic immediat, nous derapons, et reculons tres vite. En quelques secondes, le bateau a recule d’une centaine de metres. Heureusement, nous sommes a l’arriere du mouillage, les 3 autres bateaux sont soit a cote de nous, soit derriere nous.
Ni une ni deux, on met les moteurs, on leve l’ancre, on « repioche » un peu plus loin. Plongee pour aller voir l’ancre, cette fois, elle est totalement enfouie dans le sable, on ne la voit plus. C’est bon, elle devrait tenir, meme avec un tres fort vent.

Fin de journee, le ciel s’assombrit, la pluie commence a tomber tres dense. Cela fait plus de 3 mois qu’il n’a pas plu (en dehors des petits grains). Le vent souffle tres fort (30 nœuds environ), les eclairs se multiplient. Ca y est, c’est l’orage ! Il durera toute la nuit, que nous avons passee a veiller pour verifier un derapage eventuel. Tous les hublots
sont fermes, l’atmosphere a bord est etouffante. La nuit est eclairee par les eclairs incessants, l’eau est devenue grise.


Nous sommes a la fois fascines et un peu inquiets…
Le dinghy reste dans l’eau se remplit d’eau. Etienne va ecoper deux fois en une demi-heure pour rapporter 150 litres d’eau !
A l’aube, vers 5h, la pluie tombe toujours tres fort, nous voyons un bateau, puis deux… deraper ! Ils passent a cote de nous tres vite. Sous une pluie torrentielle et un vent a « decorner les bœufs », ils reancrent derriere nous, plus au large.
Heureusement que nous avions reancre solidement la veille !

La matinee, la pluie ralentit puis s’arrete… Le ciel est encore gris et le soleil ne fera pas d’apparition dans la journee. L’etancheite des hublots n’a pas joue a 100%, nos lits sont mouilles. Nous aerons pour faire secher et commencons a etendre ce qui est trempe.
C’est rassurant de voir les 3 autres bateaux faire de meme !

Le bateau est completement dessale et la fiente des pelicans et autres oiseaux ont completement disparus depuis les Aves !
En debut d’apres-midi, nous apprenons par les autres bateaux que la nuit prochaine risque fort d’etre de la meme nature.
Nous decidons donc d’aller plus loin, nous refugier a Cayo Remanso, une baie a l’est de Carenero que nous aimons beaucoup. En plus, c’est un vrai lac, tres bien abrite par une mangrove dense. ‘Lares’ nous accompagne.

Il faut faire vite, car il y a de grandes chances que ce mouillage soit deja envahi par d’autres voiliers venus se refugier. Petite nav, sous une grosse houle mais tres longue, donc pas desagreable.
Cayo Remanso est desert, nous sommes les premiers ! L’ancre est plantee tres solidement, on ne la voit plus dans le sable.
La nuit sera finalement assez calme.
'Lares' au mouillage avec nous (ci-dessus)

Un de nos mouillages preferes des Roques : Cayo Remanso
Nous partons de Carenero en debut d’apres-midi, face au vent, toutes voiles rentrees et moteurs en marche. Destination Gran Roque pour faire une grosse lessive, l’avitaillement… avant d’accueillir notre prochaine visiteuse samedi.
Elle arrivera a « l’aeroport » de Gran Roque en petit coucou a helices ! Jugez « la tour de contrôle », montee sur camion telescopique ! Nous la recuperons directement au ponton a dinghy, pieds nus dans le sable ! Direction le 'Chat Beaute' qui sera ancre dans la baie juste devant.

Los Roques : Madrizqui et Cayo Pirata, Cayo Muerto…

D’ile en ile, nous continuons de savourer les plaisirs du farniente sous un ciel capricieux et une mer agitee. La saison des cyclones a commence au nord du Venezuela et nous commencons a sentir les effet des gros coups de vent.

Madrizqui est vraiment un mouillage ideal, tres proche de Gran Roque (on peut meme y a aller en dinghy), mer turquoise, peu de fonds… et acces internet intermittent !


Cette ile reunit 10 maisons de week-end uniquement, toutes detenues par de riches Venezueliens et entretenues par des gardiens qui veillent dessus. Pas de cabanes de pecheurs donc, mais plutot de grandes maisons « en dur » avec acces direct a la mer. L’une d’elles capte l’attention du cap’tain, on l’appelle deja la maison d’Etienne !
Cayo Pirata, reliee a Madrizqui par une bande de sable, est un village de pecheurs incruste dans une baie profonde qui sert de mouillage tres protege en cas de grand vent.

Cayo Muerto est un banc de sable tres plat au milieu de la mer. Destination carte postale, c’est une etape d’une journee pour les vacanciers qui s’y font deposer le matin et recuperer en fin de journee.

Grande nouveaute dans tous ces mouillages des Roques : la saison touristique commence et nous commencons a voir de plus en plus de yachts qui viennent passer le week-end dans cet archipel. Il est situe a 3h de Caracas (avec leurs engins, nous, il nous faut une douzaine d’heures pour atteindre la cote venezuelienne !).

Le soir, ils illuminent les mouillages de leurs mille feux (ils eclairent meme l’eau !), temoignant ainsi du prix tres bon marche du diesel, leurs groupes electrogenes tournant une bonne partie de la journee !
Mas ils sont calmes et discrets et honnetement, ils ne derangent pas.

mercredi 18 juin 2008

Francisqui et alentours… ou le farniente a 100% !

Les conditions meteo s’annoncant assez fortes pour les jours a venir - proches de l’onde tropicale - nous sommes partis a Francisqui, a quelques miles de l’ile principale Gran Roque, nous mettre a l’abri de la houle, si desagreable au mouillage, de jour comme de nuit.
Nous voici donc dans ce mouillage de reve depuis 3 jours, avec au programme farniente... encore farniente... et toujours farniente... Quitte a se mettre a l'abri, autant choisir un endroit agreable !


Pour la premiere fois, nous n’avons pas de planning et nous partirons quand nous en serons lasses.

Ici, tout se prete a des journees balneaires : la mer est transparente, il y a peu de fonds, nous sommes entoures de petits lagons magnifiques et la barriere de corail nous protege de la houle qui sevit a l’exterieur. Malgre un vent fort, le bateau ne bouge pas. L’ancre est tellement enfouie dans le sable qu’on ne la voit plus. Donc aucun risque de « derapage » malgre le vent fort.

Alors nos journees se deroulent on ne peut plus calmement : baignade a gogo (on va a la plage a la nage), kayak, lecture, films, jeux… Seule contrainte pour les enfants : les revisions du CNED ! Nous aurons des invites sur le bateau tout le mois de juillet, donc il fallait s’y prendre des maintenant.
La grande decouverte de ces derniers jours est que notre nouveau dinghy de 10CV s’avere capable de sortir les enfants en ski nautique !
On n’y croyait pas…

Donc, les sports nautiques, quotidiens, vont bon plein : kneeboard, ski, bouee, en essayant toutes les techniques possibles. Les enfants sont plein d’imagination dans le domaine…

















Et en plus, il y a un petit resto en bord de plage… ou nous dejeunons regulierement quand la cuisiniere fait la greve a bord du Chat Beaute !
Ci-dessous le Chat Beaute (nettoye de fond en comble dedans et dehors !), ancre tout pres de la plage !


dimanche 8 juin 2008

Arrivee a Gran Roque : harmonie avec la mer... et la nourriture !

Une mer calme, presque sans houle, nous amene a Gran Roque apres un arret de 2 jours a Cayo Remanso. De quoi savourer de nouveau les plaisirs de la navigation !

Nous ancrons devant le village, dinons au restaurant sur la plage (viande, poulet, salade verte, le bonheur !)
Ce week-end sera consacre aux "durs labeurs" des arrivees dans les mouillages habites : avitaillement enorme, laverie (pres de 20 kg, y comrpis les rideaux et les housses de coussins), plein de gazoil, depot des poubelles que nous stockons depuis 15 jours (un vrai probleme les poubelles), nettoyage interieur du bateau. Interieur seulement car hier en fin d'apres-midi, IL A PLU une demi-heure, ce que nous n'avions pas vu depuis plusieurs mois. Le pont est donc entierement dessale !

Il nous reste encore une question a regler, le remplissage de la bouteille de gaz. Cela fait 2 mois que nous vivons sur la meme bouteille, elle va bien finir par se vider, et quand on s'y attend le moins, c'est sur... Il n'y a pas de gaz aux Roques, le cap'tain va aller negocier avec les locaux qui font la navette frequente avec le continent, de nous rapporter une bouteille.

Aujourd'hui, les frigos sont pleins et l'avitaillement de l'ile a ete fait hier, donc on trouve de tout, meme de la viande. Et aussi du saucisson, du "camembert" et de la baguette !

Un vrai festin sur le Chat Beaute...

Nous voila donc de nouveau en harmonie avec la mer... et la nourriture !
Nos plans a venir :
Comme nous ne pouvons pas aller a Bonaire et Curacao, nous resterons aux Roques pendant quelques semaines. Il y a tellement a faire et a voir dans cet archipel que nous nous rejouissons. Nous irons de mouillage en mouillage et accueillerons dans 15 jours environ notre prochaine visiteuse, puis 2 semaines plus tard, ce sera une famille de 4 qui se joindra a nous pour 2 semaines egalement.

samedi 7 juin 2008

Los Aves-Cayo de Agua (Los Roques) : contre vent et houle…

4h du matin ce 2 juin. La co-captain met son reveil pour verifier si l’etat du vent et de la mer permettent un depart vers los Roques. Le vent est a 8-10 nœuds dans la baie, avec des pointes a 12 nœuds. Ce sera plus dur dehors, mais c’est jouable. Depart a 5h30 donc. Il y 30 miles, et nous prevoyons, au pire, de faire du 2-3 noeuds face au vent.
En dehors de la baie, le vent est beaucoup plus fort et la houle est mauvaise. Environ 3m, mais en plus, elle est croisee, et irreguliere. Vagues longues, puis courtes et hachees, venant se fracasser sur les coques de toutes parts. Ce ne sera pas facile mais nous tentons le coup. Nous progressons tres lentement avec 20-25 nœuds de vent « dans l’nez »…

Le bateau tape fort, tres fort en franchissant les vagues. On est mal a bord, tres mal, secoues dans tous les sens. Impossible d’aller a l’interieur… Nous pensons a renoncer, mais nous avons deja fait plus de 5 miles. Et puis, aux Aves, pas de liaison de communication, donc impossible d’avoir la meteo. Combien de temps faudrait-il attendre avant que la mer se clame ? Nos stocks de nourriture sont quasiment epuises. Donc, decision est prise de continuer.

La tension monte a bord, tout le monde est mal. Pour la premiere fois, les enfants demandent un medicament contre le mal de mer. Effet immediat pour Julie, elle s’endort dans le cockpit, ballotee dans tous les sens. Peu d’effet sur Lucas. Il se sent mieux, mais impossible de dormir…

Le cap’tain est rive a la barre, anticipant les enormes vagues qui emergent parfois de la tres forte houle. Le GPS devient le point de mire… Notre heure d’arrivee est estimee entre 17 et 18h, il fera encore un peu jour pour ancrer a Cayo de Agua, le point de mouillage le plus a l’ouest des Roques. Il fait des calculs en permanence, evalue notre moyenne et surtout, est inquiet pour les moteurs sur lesquels nous tirons tres fort. Impossible de les reduire, sinon nous n’avancons plus. Que se passerait-il si les moteurs lachaient ?
La co-captain compte les heures, les minutes, regarde le GPS en permanence pour verifier la progression…
Le taboule prepare la veille restera au frigo, personne n’a faim…

Apres 20 miles, il semble que la houle se reduise un peu, notre moyenne de 2,5 nœuds monte a 2,8 !
5 miles plus tard, nous apercevons Cayo de Agua. Encore 2h, alors que nous la voyons si proche… Ca n’en finit pas…



Arrivee a 17h dans des hauts fonds une fois de plus, il faut zigzaguer… Le profondimetre s’affole et annonce 2,5m a certains endroits. Il y a 3 bateaux au mouillage, donc ce devrait etre jouable.
La co-captain deroule l’ancre avec le guindeau. Avec 30m de chaine, on devrait etre solidement ancres par ce vent. Mais, horreur, le guindeau ne s’arrete plus, il continue de derouler de la chaine… Il est entrain de lacher !


On le bloque avec le taquet manuel. Etienne plonge pour verifier si l’ancre est bien accrochee… Oui, ca tiendra pour cette nuit. Le probleme, c’est que, si le guindeau « en a pris un coup », il va falloir remonter l’ancre a la main… On verra ca demain.

Nous sommes tous epuises. Nous ne finirons meme pas le taboule ! Etienne va se coucher a 18h30, Claudie a 20h30 ! Le seul bilan que nous tirons est : "Plus jamais ca !"
Nous aurons d’autres nav a faire contre le vent sur le chemin de retour, et avec des distances beaucoup plus grandes. Nous serons, c’est certain, plus « raisonnables » et l’etat de la mer devra etre plus calme quand on levera l’ancre.

Lendemain matin, apres 12 ou 13h de sommeil recuperateur, nous sommes encore bien fatigues... La journee est calme a bord (lecture, film, jeux…).

Des tortues nagent autour du bateau, mais personne n’a envie d’aller leur rendre visite.
Nous nous remettons lentement.

Etienne bricole et remet en fin de journee sa mission d’aller verifier le guindeau. Nous craignons le pire… Si le moteur a lache, comment s’en procurer un nouveau au milieu de nulle part ? Nous echaffaudons des plans… qui n’auront pas besoin d’etre mis en place. Vers 16h en effet, trousse a outils a la main, Le roi d'la bricole regle une fois de plus le probleme, il y avait juste une piece a revisser (je ne sais pas trop laquelle, mais ca marche !).

Malgre le faible stock de nourriture qu’il reste (salade de haricots en boite ET maïs en boite, dernier luxe !), nous decidons de reporter notre depart pour Gran Roque. Il reste 15-20 miles a faire, mais a l’interieur de l’archipel des Roques cette fois. La barriere de corail protegeant de la houle, la nav devrait etre plus calme.
Donc nous profitons de cette derniere matinee a Cayo de Agua pour explorer l’ile… Nous sommes seuls au mouillage !
Tout au bout, pres du phare, une bande etroite de terre separe la mer, turquoise des deux cotes, mais plus agitee bien sur sur la cote au vent.
Nous irons meme en deux fois a Gran Roque, le mouillage de Cayo Remanso que nous avions decouvert a l'aller nous attire un nouvelle fois, il est calme, bien protege et le snorkeling y est magnifique ! En cours de nav, nous pechons 2 barracudas, dont un capable de nous nourrir pendant plusieurs jours !

Il etait temps de se nourrir sainement…

Los Aves (Isla Sur) – Mangrove et paradis pour les oiseaux…

Apres le depart de ‘LadyFish’, nous nous consacrons a la visite de cette ile, tres differente de sa petite sœur Isla Oeste.

Isla Sur en effet verdoie sous sa mangrove tres dense. De la cote, des canaux entrent dans l’ile, on se croierait dans la Riviere Salee a la Guadeloupe. A la difference pres qu’il y a tres peu de fond et qu’il est impossible d’entrer avec notre dinghy. Les kayaks s’imposent alors et la decouverte se fait a la rame.
Les oiseaux grouillent, les cris nous entourent, nous avons l’impression d’etre a la recherche d’un tresor dans la jungle. La… un heron ! La, un bebe pelican ! Des enormes crabes aussi… Et puis, regardez, une tortue de mer, comme elle nage vite ! C’est l’emerveillement.
De petites taches blancs et rouges ornent les arbres, ce sont des boobies, oiseaux blancs a pattes rouges… C’est incroyable, tous ces oiseaux ne sont pas craintifs, on peut vraiment les approcher… Il n’y a personne sur cette ile, nous sommes trois bateaux au mouillage…


On a vraiment l’impression d’etre au bout du monde !
Petit banc de sable au milieu de la mer ou il fait bon snorkeler...

En tous cas, pour nous, c’est le bout de notre periple (mais pas encore la fin de notre voyage !). Nous ne pourrons aller plus loin, les iles du Venez sont terminees. Les prochaines iles sont Bonaire et Curacao (hollandais) mais nous ne pourrons y aller pour des questions d’immigration.

Donc nous ferons demi-tour et remonterons vers les Roques dans quelques jours.

La navigation « galere » va commencer… Nous serons alors face au vent et a la houle et les prochaines heures de nav ne presagent rien de bien sympathique. Ca va surement « taper » !
Rendez-vous a Gran Roque dans quelques jours !

Et puis, ce 31 mai aux Aves, grand moment d’emotion : c’est la separation avec ‘Grenouille’.
Nos amis et compagnons de voyage arrivent a la fin de leur annee sabbatique. Le moment de se quitter est douloureux, tout le monde pleure, petits et grands… Que de merveilleux souvenirs en commun ! C’est promis, nous nous reverrons…
A 17h, ils levent l’ancre, Direction Caracas, pour une derniere navigation de nuit. Nous escortons leur sortie de la baie en dinghy et prenons nos dernieres photos…

Le Chat Beaute reste seul au mouillage...