Nous sommes le 30 avril… La plage est magnifique, l’eau oscille entre la transparence totale et les degrades de turquoise. Les fonds sont tres progressifs, nous ancrons par 3m. Ballade le long de cette baie de reve ou seules quelques baraques de pecheurs rompent la platitude du paysage. 
Nous rencontrons Maria, la seule « residente » de l’ile, tenanciere d’une posada extraordinaire de 6 chambres, tres simple, et decoree avec beaucoup de gout de coquillages peints dans les degrades de bleu. Nous le saurons le lendemain…
Et a quoi sert aussi cette pseudo piste d’aviation en sable proche de la plage ? Nous le saurons egalement le lendemain…
Pas de repit pour l’equipage ! Des le 1er soir, nous organisons un diner-barbecue a 4 bateaux sur la plage. Le vent est assez fort… Difficile de demarrer le feu pour griller le « lomito », filet de bœuf tant prise par les francais au Venezuela ! Il est un peu epice au sable d’ailleurs !
Pour finir, ce barbecue virera « vinaigre » au moment de rentrer aux bateaux ! Les vagues ont bien grossi au depart de la plage et les dinghys engouffrent de l’eau, plus de 100 litres pour nous ! Tout baigne au fond de l’annexe, nos seuls pulls, vestes et pantalons, les restes de nourriture… Il faudra pas mal de temps pour vider le dinghy avant de le remonter sur le Chat Beaute !Le lendemain, au reveil (assez tardif, nous recuperons de la nav de nuit de la veille), c’est la stupeur ! Nous sommes « cernes » par des dizaines de yachts magnifiques, tous ancres au bord de la plage, certains « a couple », c’est-a-dire attaches ensemble, par 3, par 4 ou meme par 12. Nous posons des questions aux pecheurs locaux…
Et oui, nous sommes le jeudi 1er mai, les venezueliens aises de Puerto la Cruz ont choisi Tortuga comme lieu de villegiature pour ce pont de 4 jours ! Ils mettent 2-3h pour venir avec leurs super engins (en voilier, il faut plus de 12h !).


Voici donc comment vit la posada « Rancho Yemana » de Maria, voilà aussi a quoi sert la piste d’aviation !De petits avions prives arrivent et decollent a la queue leu leu… Le prix de la langouste vient de doubler en 24h… Les yachts sortent leurs engins nautiques, jetskis, skis nautiques, bouees… Le charme de la solitude est rompu.
Mais soyons honnetes, tous se comportent bien, pas de musique tonitruante, pas de hurlements. Mais ils ne sont tout de meme pas tres enclins a engager la conversation avec les plaisanciers.
Donc, pour nous eloigner de cette animation presque digne de la cote d’Azur, nous partons faire un pique-nique derriere le lagon. Il y a une ile accessible a pied, nous marchons un grand moment dans l’eau jusqu'à la taille. Julie pagaie sur le kayak a cote de nous en transportant le chargement le plus lourd, le reste de la troupe porte le ravitaillement sur la tete. La minuscule ile est magnifique, et nous sommes seuls ! Nous y resterons jusqu'à la fin de l’apres-midi.

