jeudi 22 mai 2008

Los Roques – Francisqui

Apres Crasqui, direction Gran Roque de nouveau pour faire un plein d’eau des cuves. Pas de tuyau ici, donc 6 allers-retours en dinghy seront necessaires pour remplir les bidons. Idem pour le gazoil. Et comme le boudin de notre dinghy est entrain de secher (et oui, pour arranger les choses, il a creve du fait de la barre rouillee du ponton), nous prenons le dinghy de 'Grenouille'. Les hommes ont passe la matinee a faire les chargements !
(nb : vous remarquerez les gilets de sauvetage... eh oui, les guardacostas ne plaisantent pas avec la securite, on s'est fait rappeler a l'ordre plusieurs fois, y compris les enfants en kayak !)

Depart le lendemain pour Francisqui, l’ile la plus proche (donc la plus touristique) de Gran Roque. On jongle entre les patates de corail pour « piocher » presque sur la plage. C’est magnifique, des bancs de sable emergent un peu partout des eaux turquoises et transparentes. La barriere n’est pas loin, on y va a la nage et a pied…

Seule petite ombre au tableau : deux cata charters arrivent, bondes de touristes. Mais ils ne restent qu’une partie de la journee et la soiree est « rien que pour nous » !



Les enfants poursuivent leurs experiences de kayak a la voile et au safran, portent le kayak entre les bancs de sable. On a pied presque partout. Le mouillage est calme, trop calme meme… On croirait dormir a terre, impression que nous n’avons pas ressentie depuis longtemps.

Retour a Gran Roque juste pour une nuit, le temps de regler quelques sujets administratifs et logistiques par email. Nous sommes en effet sur une piste pour faire reparer le dessal… Mais ce sera l’objet d’un autre article…

Et pour ceux qui auraient un doute, entre deux bricolages, le cap'tain sait se detendre, meme s'il ne se repose pas vraiment ...

mardi 20 mai 2008

Los Roques - Crasqui

Apres 2 jours a Gran Roque, nous partons pour Crasqui, notre premier mouillage sauvage dans l'archipel. C'est beau, c'est calme, c'est desert... Au bout de Crasqui, une autre petite ile reliee par un banc de sable, c'est Augustin que le cap'tain veut absolument visiter car, au milieu de quelques baraques de pecheurs, on lui a parle a Gran Roque... d'une maisonnette a vendre !

Direction Augustin donc, en dinghy... Nous faisons le tour de l'ile car la barriere de corail est a fleur d'eau. L'endroit est idyllique, et la maison... assez proche du style cabane !

Les pecheurs nous annoncent la couleur : la maison est a vendre depuis pas mal de temps, elle appartient a un venezuelien qui ne vient jamais, mais la loi interdit d'y faire quelconques travaux.
Mais bon, c'etait juste pour le plaisir des yeux... et celui de discuter avec les pecheurs affaires a preparer des lambis pour leur dejeuner.
Marines au citron avec des poivrons, c’est un delice !

Remarquant nos papilles gustatives tout emoustillees, ils nous proposent de revenir dejeuner le lendemain. Il n’y a que nous, mais la cuisson est essentielle, donc ils nous fixent rendez-vous a 13h.

C’est bien la premiere fois qu’on nous impose un horaire precis dans les iles !

Nous retournons donc le lendemain a Augustin en dinghy… Long trajet face au vent, une fois de plus, nous arrivons trempes !
Mais le dejeuner valait le deplacement : plusieurs sortes de poissons grilles, huitres, salade de lambis marines, galettes de mais...
Un vrai regal !
L'endroit, assez rustique, mais comme toujours, magnifiquement decore de coquillages et de "trophes" des pecheurs : peau et machoire de requin, masque exotique...

Gran Roque, la « capitale » des Roques


En tant que Parc National, l’acces aux Roques est strictement contrôle : a peine l’ancre « plantee » a Gran Roque, les lanchas des guardacostas arrivent et annoncent la procedure : il faut se declarer immediatement aux douane et immigration, aux autorites du « Parque National »… quatre differents points qui permettent de visiter tout le village d'un coup !… et enfin de s’acquitter des taxes (pour chaque personne a bord + taxe pour le bateau) qui permettent l'entretien et la sauvegarde du site.

Gran Roque est l'ile principale de l'archipel, elle regroupe 99% des habitants (1 200 personnes) et heberge l'aeroport dont la tour de controle est montee sur un camion hydraulique ! Des liaisons quotidiennes desservent Caracas et Margarita.
Le front de mer, avec ses barques de pêcheurs au sec et ses pélicans peu farouches, est vraiment adorable et incite a la decouverte.
Les rues en sable et les maisons colorées font de Gran Roque un veritable havre de paix. Pas de voiture ici, l’ambiance est vraiment douce et tranquille. On s’y sent bien…
Le « centre » du village regroupe presque toutes les activites « commerciales » : des p’tits resto, trois « supermercados » sommaires, deux cafes internet, de petites boutiques de souvenirs, on trouve presque tout a Gran Roque ! Deux fois par semaine, les lanchas arrivent du continent pour approvisionner l’ile.

Maisons sommaires de pecheurs colorees et "posadas", auberges de charme dont la plupart est assez design (normal, elles sont detenues a 85% par des Italiens !) cohabitent en bonne harmonie.
Une école et un petit parc pour enfants animent les rues.

L'eclairage des rues en plein jour nous rappelle que la "gazolina" n'est vraiment pas chere ici (la ville tourne grace a des groupes electrogenes...)

Aux alentours, les maisons sont plus rustiques, mais bien entretenues et tout aussi colorees. Malgré son développement touristique, Gran Roque a su garder beaucoup de charme. Une loi venant tout juste d’interdire toute nouvelle construction dans l’archipel, on ose esperer que Gran Roque conservera ce charme pour un certain temps encore...
Nous ne restons que deux jours a Gran Roque, le temps de s'approvisionner, de faire la lessive, de regarder nos emails et regler quelques problemes administratifs. Il nous reste encore beaucoup d'endroits et de traditions a decouvrir de ce village.
Nous aurons largement le temps de nous en impregner plus a fond puisque, du fait de procedures d'immigration complexes, nous ne pourrons aller a Bonaire.

Gran Roque etant l'ile la seule ile habitee des Roques, nous y reviendrons souvent dans les prochaines semaines, entre les mouillages des differentes iles.

Et puis, notre dessal devenant de plus en plus capricieux, nous ne sommes plus autonomes en eau douce. Impossible de faire reparer au Venezuela… Nous reviendrons donc ici regulierement pour faire le plein des cuves... le temps de trouver, peut-etre, une solution magique…









L’archipel des Roques – Des couleurs plein les yeux

"Les Roques méritent bien leur réputation de 3ème plus longue et plus belle barrière de corail au monde après l’Australie et le Belize.
Situé à 168 km de Caracas, l’archipel s’étend sur 36 km d’Est en Ouest, et 25 km du Nord au Sud. Il comprend plus de 50 iles et quelques 200 bancs de sable. Depuis 1972, il est classe Parc Naturel pour en protéger sa faune et sa flore.

C’est une oasis marine d’une extraordinaire beauté et d’une grande richesse biologique : ses plages de sable blanc, ses récifs coralliens (on trouve aux Roques 98% des especes coralliennes mondiales), ses lagons et ses mangroves servent de refuges a plusieurs centaines d’espèces animales, principalement des oiseaux (colonies de flamands roses, pélicans, frégates, hérons, rapaces) et des poissons tropicaux d'une taille et d'une beauté rares. La pêche de langouste y est strictement réglementée et est interdite a partir du 1er mai, en debut de la periode de reproduction.

Les douces plages de sable blanc sont formées par le corail pulvérisé, les couleurs des eaux varient selon la profondeur des lagons intérieurs : bleu turquoise, émeraude clair, transparent, rose a la tombee de la nuit, carmin, jusqu'à un ton presque mauve (dans les mangroves, denses forêts de palétuviers).

L'exceptionnelle beauté du site n'est gâchée par aucune infrastructure moderne. Les plaisanciers considèrent cet archipel comme l'un des plus beaux mouillages du monde et comme un lieu de navigation privilégié, avec une brise régulière soufflant toute l'année".


Cette presentation des Roques est tiree de differents sites internet... Dans peu de temps, nous la completerons avec nos impressions propres. A premiere vue, elle semble assez fidele...

mercredi 14 mai 2008

Vers Los Roques : la symphonie des dauphins calme notre stress…

Nous avons retarde notre depart de Tortuga de 2 jours car la meteo n’etait pas tres bonne. C’est une navigation de nuit pour atteindre les Roques et depuis quelques jours, le vent se leve en fin d’apres-midi pour forcir dans la nuit, jusqu'à 30 nœuds.

Depart a 3h du matin, en convoi avec nos amis de ‘Grenouille’… Le vent est modere et la sortie de la baie se fait au sondeur (mesure des profondeurs) car nous savons qu’il y a des cayes partout mais nous ne pouvons pas les voir dans la nuit ! Puis le vent se calme au lever du jour, devient trop faible meme.

Il va cependant falloir accelerer notre vitesse car si nous continuons a 6 nœuds, nous arriverons de nuit aux Roques, ce qui n’est pas conseille dans ce coin, regorgeant de hauts fonds. Nous devons donc arriver au plus tard a 18h !

Nous mettons les moteurs en marche en soutien des 2 voiles. Puis, en tout debut d’apres-midi, le vent se leve… pour atteindre jusqu'à 30 nœuds a l’arrivee dans des eaux tres agitees.
Notre vitesse augmente, mais la houle est assez forte.
Pour la premiere fois, nous devrons faire face a un dilemne que nous avons toujours evite jusque-la : faut-il securiser notre arrivee avant 18h ou securiser la navigation ?…
En effet, nous naviguons avec un ris seulement (+ le genois grand ouvert) pour avoir le maximum de prise au vent et aller plus vite. Mais naviguer surtoile peut etre dangereux en cas de vent fort et de houle soutenue…

Nous restons rives sur le GPS qui evalue notre heure d’arrivee en temps reel en fonction de notre vitesse. Nous faisons des pointes a plus de 11 nœuds, en communication VHF reguliere avec ‘Grenouille’ ; c’est un monocoque et, par nature, il gite beaucoup plus qu’un cata…
Et comme le cap’tain est un vrai acharne (c’est-a-dire qu’il veut absolument arriver de jour ET securiser la navigation !), nous affaissons les voiles et lachons l’ancre a Gran Roque a 17h55 !
Pari gagne de justesse…

Heureux d’etre arrives, mais tres fatigues. Nous realisons que le manque d’heures de sommeil n’est qu’un petit facteur de fatigue, le stress l’augmente terriblement ! Plat de pates (a rien !) et dodo a 20h pour tout le monde !

Photo de 2 epaves echouees sur un recif, prise (de loin, donc pas tres nette) juste avant notre arrivee a Gran Roque… Effectivement, le coin regorge de hauts fonds !
Heureusement, au cours de cette navigation, nous avons vecu une demi-heure magique : plus d’une vingtaine de dauphins nous ont accompagnes sur le cote et a l’avant du bateau, nageant, dansant, sautant, chantant et jouant entre les coques !

Un plaisir immense que nous avons filme devant les yeux emerveilles des enfants. Pour la premiere fois, nous les avons autorise a aller a l’avant du bateau pendant une navigation agitee, dans les petits sieges normalement dedies a la meditation !
Gran Roque est l’ile principale de l’archipel des Roques, seule ile habitee ou nous allons pouvoir faire le plein… de tout… Nourriture, diesel, eau (pour plus de securite car le dessal fait encore des caprices), laverie…
Puis nous naviguerons d’ile en ile, de paradis en paradis, pour decouvrir les richesses sous-marines de l’archipel.

Tortuga – Retour a Cayo Herradura

Retour a Herradura en fin de journee, face au vent (25 nœuds !) mais la houle n’est pas trop forte. La nuit est agitee, le vent atteint 30 nœuds. Nous attendons que les nuits soient un peu plus calmes pour hisser les voiles vers les Roques puisque seule une navigation de nuit nous permettra d’atteindre cet archipel.

En attendant, les enfants profitent de ce vent pour appliquer les rudiments de la voile au kayak ! Et ca marche !

Le snorkeling, meme sur fond sableux, apporte des joies de tous les instants… Les etoiles de mer sont geantes !
Vous l’avez certainement sentis, nous sommes enthousiasmes par Tortuga et ses mini-iles avoisinantes. Tortuga se hisse dans les premieres places de notre palmares des iles dans lesquels nous nous sentons bien, en parfaite harmonie…
Et pour finir, quelques couchers de soleil a Tortuga, devant lesquels nous avons « refait le monde » autour d’un apero…

Tortuga – Las Tortuguillas

De nouveau en vadrouille !
Encore quelques miles pour atteindre las Tortuguillas, deux ilets relies par une bande de sable et situes a l’ouest de Tortuga.

L’entre deux iles est separe par une « dinghy pass » a fleur d’eau et apparaît comme un mouillage possible sur le guide, mais le GPS ne le mentionne pas. C’est donc avec la plus grande prudence que nous avancons dans la passe…

Effectivement, il y a tres peu de fonds… 1,50m… C’est trop peu, il semble qu’une des derives touche… Nous preferons ne pas insister, sortons de la passe et nous dirigeons vers un autre mouillage, apparemment repertorie comme un mouillage de jour.

L’endroit est magnifique, desert… Une mini-chapelle, tres bien entretenue, temoigne cependant du passage de l’homme…















La cote au vent offre des degrades de vert incroyable…

En arrivant aux Tortuguillas, nous avons remarque l’epave d’un catamaran echoue et nous decidons d’aller la voir de plus pres, ce qui prendra une demi-journee pour trouver l’acces a partir de la terre.
Traversee d’un marecage a pied, marche dans les mangroves, passages a gue… L’epave est bien « installee » sur les rochers et selon les dires, le capitaine aurait voulu faire un depart de nuit a partir du mouillage et se serait echoue a cause des brisants… Le spectacle est desolant. L’accident est recent (2 ans apparemment) et le cata est entierement depouille, tout a ete vole…


Le mouillage ou nous sommes n’est pas repertorie comme un mouillage de nuit. Mais il semble « safe » malgre le vent. C’est tellement beau et calme que nous decidons d’y passer la nuit. Le lendemain matin, nous profitons de la beaute de cette plage et faisons nos photos « carte postale » a partir d’une simple chaise en plastique cassee trouvee sur l’ile !