11 decembre, la fin de la depression s’annoncant, nous decidons assez rapidement de partir aux BVI...Depart donc vers Prickly Pear, l’ile carte postale au large d’Anguilla.
Elle est sur la route des BVI et c’est la derniere terre avant les 14h de navigation de nuit qui nous attendent… Nous y passons quelques heures, baignade, snorkling (des bebes requins jaunes nagent au bord de la plage)… le site est grandiose !
A 17h, nous larguons les amarres vers les BVI pour, cette fois, notre premiere navigation de nuit… Tout le monde se propose pour assurer les « quarts » de nuit, la vigilance est indispensable car la haute saison a commence et nous ne serons pas seuls en mer sur cette route.
Et la, l’angoisse commence : des le depart, le vent se leve fortement, les trombes d’eau deferlent… Nous sommes sur la "queue" d'une depression tropicale appellee "Olga". Le bateau file (en fait surfe) sur la houle a 12 noeuds, des creux de 3 ou 4m nous soulevent par l'arriere, l’eau s’engouffre entre les 2 coques, provoquant des bruits assourdissants a l’interieur, nous faisant craindre a tout moment que le bateau n'eclate.
Personne ne dort, impossible dans ce cahot ! Chacun vit son stress a sa facon… Gwen est le capitaine, Etienne le seconde et le remplace dignement, temoignant une fois de plus son calme olympien.
C’est marrant, les enfants ne se battent plus pour prendre leur quart. Ils sont stoiques, et essaient de se reposer au milieu de ces secousses et de ce vacarme. En fait, apres avoir joue aux Sims pour penser a autre chose, ils arrivent a s'endormir !!
Quant a moi, je n’ai jamais autant regarde ma montre ni autant compte les heures et les minutes qui nous separent d’une arrivee eventuelle ou tout le monde serait sain et sauf…
Et le pire, c’est qu’avec ce vent, nous arrivons trop tot aux BVI, vers 5h du matin. Il y a une passe delicate, qu’il faut absolument franchir de jour pour eviter les degats - meme avec un GPS de choc.
Donc, nous tirons des bords pour ralentir notre arrivee.

Sains et saufs, epuises par cette nuit blanche angoissante, nous mouillons aux Baths a Virgin Gorda a 7h du matin, dans un cadre paradisiaque.
Apres une sieste matinale, nous nous jetons dans la mer turquoise et tirons un premier bilan positif de cette « aventure » :
- Personne n’a ete malade, on ne comprend absolument pas comment c’est possible
- Pas de casse, Le Chat Beaute, qui avait subi un lifting pendant 3 semaines apres notre arrivee, s'est merveilleusement comporte dans la tempete. Bref, il est sur, c'est donc l'equipage qui craquera en cas de coup dur, et non le bateau !
« Vous avez vecu le pire », nous dit Gwen, vous avez acquis mille reflexes de marin et appris plus qu’espere en une seule navigation ! »
Quant a Etienne et moi, decision est prise... Plus jamais de navigation de nuit sans la certitude d’une meteo calme ! Il est vrai que dans ce cas, la mer a ete plus dure qu’attendue par les previsions meteo, meme si nous savions que ce ne serait pas une navigation calme.
Aux BVI, nous retrouvons Lena 2, un « batocopain » avec un couple et un bebe avec lesquels nous avions sympathise a St-Martin. En nous voyant arriver, ils nous disent : Mais vous etes fous, vous avez du en baver pour arriver ici. »
Nous sommes fiers de notre epopee, meme si, au fond de nous, c’est decide : nous ne voulons plus jamais revivre une telle nuit… !