lundi 31 décembre 2007

31 dec. 4h du matin : la Riviere Salee nous emmene dans la rade de Pointe a Pitre !


Ca y est , la premiere partie de notre periple s'est s'achevee ce matin apres le passage de la Riviere Salee...

Magique cette 1h30 de navigation calme dans cette riviere qui separe les 2 parties de la Guadeloupe.

Passage cependant delicat conditionne par l'ouverture de 2 ponts a 4h30 du matin donc en pleine nuit.

Un peu stressant aussi vu le peu de fonds (1,50m env. et nous avons un tiran d'eau de 1,20m !). Les quelques bouees de balisage clignotantes (aleatoires !) nous menent dans la rade de Pointe a Pitre.

Un reperage hier apres-midi nous a permis de mesurer la delicatesse de cette traversee.

Nous sommes dockes pour deux jours a la marina du Bas du Fort (avec raccordement a l'eau et l'electricite, quel luxe !). C'est ici que nous allons fete la nouvelle annee. Puis visite de l'ile, nettoyage du bateau, lessives, et en route vers la Dominique et la Martinique que nous devrions atteindre le 15 janvier.

Gwen et Veronica, notre equipage de choc, nous laisse aujourd'hui, nous allons donc naviguer de nos propres voiles ! Nous nous sentons d'attaque !
BONNE ANNEE A TOUS, riche en joies et projets en tous genres !

vendredi 28 décembre 2007

Une petite idee des distances...

Sachant qu'1 mile nautique =1,8km et que le bateau navigue a une vitesse moyenne de 6 noeuds (pouvant aller jusqu'a 12 !), nous vous laissons le soin de calculer le temps qu'il faut pour aller d'une ile a une autre...
Et oui, pourtant, sur une carte, les iles des Caraibes paraissent toutes proches les unes des autres... !

Notre route pour les prochains jours…

Avec les BVI, nous avons quitte les plages « carte postale » des Caraibes pour « attaquer » les iles volcaniques beaucoup moins touristiques :

Saint-Kitts et son fort Anglais devenu recemment patrimoine mondial de l’Unesco,
Depuis le 26 decembre, c'est le carnaval jour et nuit a Saint-Kitts, les mouillages ne sont pas tres calme.

















Nevis, ses petites maisons multicolores et ses petits singes sauvages dans les rues,



















Montserrat et son impressionnant volcan devastateur encore fumant que nous avons atteint apres 9h de nav tres houleuse... (Plus de la moitie de l’ile est declaree zone interdite, meme au mouillage)

Bref, nous « bouffons » du mile nautique (un peu trop a mon gout !), l’objectif etant de « lacher » Gwen et Veronica a la Guadeloupe dans 3 jours.

Nous resterons dans la baie de Pointe a Pitre quelques jours, le temps de remettre le bateau « en etat » apres toutes ces heures de navigation : lessives a gogo, avitaillement, nettoyage de l’interieur…
Nous en profiterons pour visiter l’ile bien sur. Nous envisageons de descendre la Riviere Salee en catamaran (descente assez delicate apparemment, mais bon, plus rien ne nous effraie !) pour rejoindre la Dominique, puis la Martinique mi-janvier, ou nous accueillerons nos premiers visiteurs a bord !

De Saba a Saint-Kitts, Claudie fete dignement son xeme anniversaire !

Cadeau de taille de la part d'Etienne : il peche son premier maquereau pour elle… Delicieux !

Ca fait du bien, pour remplacer les boites et les legumes qui se font de plus en plus rares a bord !

jeudi 27 décembre 2007

Joyeux Noel de Saba !

Depart d’Anegada (BVI-Iles Vierges) le 22 decembre a minuit, la meteo s’annoncant favorable (pour Claudie, cela signifie peu de vent et de houle !). Tellement favorable nous avons navigue au moteur (en soutien de la grand voile) les 17 premieres heures sans un souffle d’air.
Les 7h suivantes ont ete plus sportives pour atteindre l’ile de Saba le 23 a minuit.

Journee de visite dans l’ile le 24, peu accueillante a priori : un gros caillou aux pentes vertigieuses se dressant dans la mer, un petit port mal abrite assez austere…

Et en montant l’unique route tres abrupte, on decouvre deux villages dans les sommets, avec de magnifiques maisons aux toits rouges, toutes petites et toutes propres.
Un vrai choc, tout le monde tombe sous le charme de cette ile…
C’est une ile hollandaise, apparemment reputee dans le monde de la plongee, escale de plus en plus prisee des marins revenant des BVI ou des touristes americains en quete de retour a la nature !
Nous avons meme eu le choix entre 3 eglises pour nous recueillir cette soiree de Noel.
Diner « de gala » a bord du 'Chat Beaute' decore par Julie et Etienne, et remise des (petits) cadeaux pour tous.

Un Noel tout simple et tres authentique !
Une pensee emue bien sur pour nos deux familles que nous ne pouvons contacter…
Pas de reseau telephonique ou internet dans ce lieu recule...



mardi 18 décembre 2007

Premieres experiences de peche…

En quittant Prickly Pear pour se rendre aux BVI, sous la tempete qui s’amorce, on installe la traine… Incroyable, moins de 30 mn plus tard, c’est la premiere prise… Un enorme thon… Le temps de remonter la ligne, il ne lui reste que la tete… et de grosses marques de dents… Surement un requin qui a entame son repas.

A Jost Van Dyke, Gwen et Veronica partent en kayak avec une ligne… Ils reviennent avec 2 poissons. Faut-il les manger ? La Ciguatera peut en effet etre fatale. C’est une maladie transmise par les poissons de coraux ou les poissons qui mangent des poissons de coraux, elle empeche de consommer les fruits de la peche a l’exception de quelques sortes. Au sud de la Martinique, la ciguatera n’existe plus. La peche est donc plus interessante.
Il n’en reste pas moins que cette activite cree toujours une excitation a bord !

Semaine de « repos » aux BVI


Apres cette navigation epique, nous profitons de la beaute de cet ensemble d’iles qui n’ont de British que le nom ! L’US$ est roi ici, c’est le lieu de predilection des americains.

Apres un repos de 2 jours bien merites aux Baths (grands rochers lisses sur la mer, creant des grottes et des bassins d’eau transparente), nous naviguons d’ile en ile et de lagons en lagons : Virgin Gorda, Tortola, Peter Island, Jost Van Dyke, Anegada…













Ici, c’est un excellent terrain d’entrainement pour l’equipage : mouillages varies, navigation sous differentes allures, manœuvres diverses.

Nous apprenons a connaître notre bateau et a nous sentir « en harmonie » avec lui !
Meme moi, qui ai mis du temps a « digerer » notre aventure, je me suis enfin mise a la barre !

Le temps n’est pas a beau fixe depuis 1 mois et demi aux Caraibes, quelque chose d’assez exceptionnel pour la saison, disent les locaux.
Beaucoup de vent et de « grains » alternent avec des moments ensoleilles et calmes.
Mais bon, ne nous plaignons pas, l’eau et la temperature exterieure avoisinnent les 28 degres !

De St-Martin aux British Virgin Islands (BVI)…

11 decembre, la fin de la depression s’annoncant, nous decidons assez rapidement de partir aux BVI...
Depart donc vers Prickly Pear, l’ile carte postale au large d’Anguilla.

Elle est sur la route des BVI et c’est la derniere terre avant les 14h de navigation de nuit qui nous attendent… Nous y passons quelques heures, baignade, snorkling (des bebes requins jaunes nagent au bord de la plage)… le site est grandiose !
A 17h, nous larguons les amarres vers les BVI pour, cette fois, notre premiere navigation de nuit… Tout le monde se propose pour assurer les « quarts » de nuit, la vigilance est indispensable car la haute saison a commence et nous ne serons pas seuls en mer sur cette route.

Et la, l’angoisse commence : des le depart, le vent se leve fortement, les trombes d’eau deferlent… Nous sommes sur la "queue" d'une depression tropicale appellee "Olga". Le bateau file (en fait surfe) sur la houle a 12 noeuds, des creux de 3 ou 4m nous soulevent par l'arriere, l’eau s’engouffre entre les 2 coques, provoquant des bruits assourdissants a l’interieur, nous faisant craindre a tout moment que le bateau n'eclate.


Personne ne dort, impossible dans ce cahot ! Chacun vit son stress a sa facon… Gwen est le capitaine, Etienne le seconde et le remplace dignement, temoignant une fois de plus son calme olympien.
C’est marrant, les enfants ne se battent plus pour prendre leur quart. Ils sont stoiques, et essaient de se reposer au milieu de ces secousses et de ce vacarme. En fait, apres avoir joue aux Sims pour penser a autre chose, ils arrivent a s'endormir !!
Quant a moi, je n’ai jamais autant regarde ma montre ni autant compte les heures et les minutes qui nous separent d’une arrivee eventuelle ou tout le monde serait sain et sauf…
Et le pire, c’est qu’avec ce vent, nous arrivons trop tot aux BVI, vers 5h du matin. Il y a une passe delicate, qu’il faut absolument franchir de jour pour eviter les degats - meme avec un GPS de choc.
Donc, nous tirons des bords pour ralentir notre arrivee.
Sains et saufs, epuises par cette nuit blanche angoissante, nous mouillons aux Baths a Virgin Gorda a 7h du matin, dans un cadre paradisiaque.
Apres une sieste matinale, nous nous jetons dans la mer turquoise et tirons un premier bilan positif de cette « aventure » :
- Personne n’a ete malade, on ne comprend absolument pas comment c’est possible
- Pas de casse, Le Chat Beaute, qui avait subi un lifting pendant 3 semaines apres notre arrivee, s'est merveilleusement comporte dans la tempete. Bref, il est sur, c'est donc l'equipage qui craquera en cas de coup dur, et non le bateau !

« Vous avez vecu le pire », nous dit Gwen, vous avez acquis mille reflexes de marin et appris plus qu’espere en une seule navigation ! »

Quant a Etienne et moi, decision est prise... Plus jamais de navigation de nuit sans la certitude d’une meteo calme ! Il est vrai que dans ce cas, la mer a ete plus dure qu’attendue par les previsions meteo, meme si nous savions que ce ne serait pas une navigation calme.

Aux BVI, nous retrouvons Lena 2, un « batocopain » avec un couple et un bebe avec lesquels nous avions sympathise a St-Martin. En nous voyant arriver, ils nous disent : Mais vous etes fous, vous avez du en baver pour arriver ici. »

Nous sommes fiers de notre epopee, meme si, au fond de nous, c’est decide : nous ne voulons plus jamais revivre une telle nuit… !

vendredi 7 décembre 2007

Une equipe de choc !

Gwen et Veronica vont nous accompagner 3 semaines pour notre voyage initiatique. Portrait rapide de ce team de choc...

Ils sont ancres dans la baie de Marigot a St-Martin depuis 1 an ou ils travaillent a la remise en etat de 'Lady Fish', leur monocoque de 9m acquis a Curacao.
Leur objectif : le tour du monde par le Pacifique avec l'Espagne comme destination finale. La traversee du Pacifique necessite le passage du canal de Panama (73 km).
Mais il faut savoir que pour traverser le canal, la modique somme de 1,500$ est requise + une caution de 800$ restituee si vous avez navigue a plus de 8 noeuds, histoire de ne pas ralentir le trafic !
Voila donc pourquoi Gwen et Veronica sont a la recherche de jobs ici...

Donc, la voile, Gwen est tombe dedans quand il etait petit... Ce qui ne l'a pas empeche de devenir prof d'espagnol et de francais, son dernier poste etant base... a Lausanne !
La-bas, rencontre avec un copain feru de voile lui aussi, decision de tout quitter pour partir en Nouvelle Zelande en voilier, relations difficiles avec le copain, separation du team a Curacao, decision de poursuivre son projet seul avec Veronica, acquisition d’un voilier de 42 ans a Curaco, remontee a Saint-Martin pour le preparer a la traversee du Pacifique…

Veronica est Argentine, avocate de formation, et prend un (long) break avec Gwen pour ce tour du monde.
Son experience occasionnelle d’hotesse sur charter et ses origines laissent presager de bons conseils culinaires !

Le choix de l’Espagne comme destination finale n’est pas un hasard… Les 2 sont bilingues !

Ces premiers jours de nav avec eux ont ete l’occasion de mieux les connaître : leur sourire permanent fait chaud au cœur. Gwen est tres pedagogue. Il a laisse Etienne a la barre, « suggerant » les changements de cap et conseillant les manœuvres delicates les plus appropriees.
En plus de leurs competences en voile, Gwen est un bon pecheur (necessite oblige), a la grande joie de Lucas qui apprend tout de lui. Veronica est aussi artiste, elle peint, fait des bijoux avec Julie et va commencer a lui apprendre l’espagnol ! Que de talents reunis dans ce team…

A la question : « Comment sens-tu cet equipage de « chats » ? », Gwen repond :
"Epouvantable !! les petites navigations paisibles sont proscrites... Seule la chevauchee sauvage des vagues turbulentes interesse notre petit monde. Nos matinees ne prennent fin qu’en debut d’apres-midi apres force travail intellectuel aupres de ces cherubins omnubiles par la chasse au gros et autre providence que la mer offre aux pieds des plages. Quelques violentes batailles de sable nous les calment un instant.
Quant a leurs pauvres parents, entre deux houspillages, ils se prennent d’un attachement touchant pour leur joli canot et, l’assurance venant se transforment en vieux loups de mer.. hurlant au coucher du soleil que nous seront en retard pour l’apero... "

jeudi 6 décembre 2007

5 decembre : la 1ere nav !

Moment d’emotion, instant tant attendu que celui du hissage de la grand voile et du genois ! Etienne a la barre, conseille et assiste par Gwen, le skipper qui va nous accompagner pendant nos premiers periples, et avec l’aide du reste de la famille comme moussaillons, nous quittons St-Martin, un mois jour pour jour apres notre atterrissage ici !

Direction l’ile de Tintamarre, a quelques heures de navigation sous un temps relativement calme pour une premiere sortie.

Arrivee vers 16h, le temps de mouiller l’ancre, de nager jusqu'à la superbe plage de sable blanc… Quelques instants de visite de cette ile deserte ou les seuls elements temoins d’une vie passee sont une vieille ferme abandonnnee et une carcasse d’avion dechiquetee.

Mais surtout Tintamarre est reputee pour son coin d’argile boueuse avec laquelle il est benefique de s’enduire le corps, attendre qu’elle seche et la rincer dans l’eau de mer (comme un gommage mesdames !). Succes garanti… une peau de bebe tres douce !

Retour au bateau pour admirer le coucher du soleil, siffler notre apero devenu quotidien et prendre notre premier diner a bord loin de la civilisation. Premiere nuit noire egalement, sans lumiere de la ville aux alentours…

Le lendemain matin, le vent s’est leve, nous nous dirigeons en moins d’une heure vers Pinel Island, toute petite ile reliee a la terre par un banc de sable ou l’on a pied partout.

Le paradis pour les enfants (voir photo du haut, Julie et Lucas dans la mer et en arriere plan, le Chat "Beaute"). Il est possible de mouiller tout pres de ce banc de sable. Palmes, masque, tuba suffisent pour decouvrir les premiers poissons colores…

Apres-midi ecourtee puisque nous devons rentrer au mouillage de Saint-Martin ou nous attend la derniere piece commandee qui permettra au dessalanisateur de nous fabriquer l’eau douce dont nous aurons besoin pendant notre parcours.

Le vent est assez fort, nous depassons avec beaucoup d’emotion les 10 nœuds avec des creux de 2 a 3 metres. C'est parait-il une belle performance pour un catamaran de 12 tonnes !
Commentaire rassurant de Gwen : « c’est un bon bateau, il se comporte parfaitement par vent assez fort ! »

Nous voici donc revenus a Saint-Martin pour 1 ou 2 jours, le temps de fixer le dessal…
Enivres par ces premieres nav, heureux de ces moments tant attendus, le diner a bord sera simple et le coucher relativement tot !